Mis à jour le 16 octobre 2026
La convention collective de la propreté ne se contente pas de fixer des règles de paie : elle rend le suivi des heures de chaque agent indispensable. Temps partiel très répandu, heures complémentaires plafonnées, horaires décalés, reprises de personnel lors des changements de marché : chacune de ces spécificités suppose de savoir précisément qui a travaillé, où, quand et combien de temps. Plutôt que de résumer tout le texte, cet article se concentre sur les quatre points où un suivi approximatif coûte le plus cher à une entreprise de propreté, et sur ce que votre système de suivi doit permettre pour les maîtriser.
Pour mémoire, le texte de référence est la convention collective nationale des entreprises de propreté et services associés du 26 juillet 2011 (IDCC 3043). Elle évolue régulièrement par avenants : pour tout montant ou taux précis, référez-vous à la version en vigueur.
Pourquoi le suivi individuel est incontournable dans la propreté
Lorsque les salariés ne travaillent pas tous selon le même horaire collectif, l’employeur doit décompter individuellement la durée du travail de chacun (article L3171-2 du Code du travail). Dans la propreté, c’est presque toujours le cas : un même agent peut intervenir sur plusieurs sites, à des horaires différents selon les jours, avec des remplacements ponctuels. Le suivi doit donc se faire par agent et par semaine, en consolidant toutes ses interventions, quel que soit le site.
Point de vigilance n°1 : les heures complémentaires des temps partiels

C’est le risque principal du secteur. La convention fixe une durée minimale de 16 heures par semaine pour les temps partiels, en dérogation aux 24 heures prévues par le Code du travail, sauf demande écrite et motivée du salarié. Au-delà de l’horaire contractuel, les heures effectuées sont des heures complémentaires, plafonnées au dixième de la durée du contrat (article L3123-28), limite que la convention de la propreté porte au tiers comme l’y autorise l’article L3123-20.
Le piège : ces heures ne peuvent jamais porter la durée du travail au niveau de la durée légale (article L3123-9). Selon la jurisprudence de la Cour de cassation, la requalification du contrat en temps plein peut être prononcée dès la première semaine où ce seuil est atteint. Un agent à temps partiel qui cumule ses heures sur deux sites et quelques remplacements peut franchir la limite sans que personne ne s’en aperçoive.
Ce qu’il faut suivre : le cumul hebdomadaire de chaque temps partiel, tous sites confondus, comparé à son horaire contractuel et au plafond applicable.
Point de vigilance n°2 : les heures supplémentaires des temps pleins

Pour un temps plein, les heures effectuées au-delà de 35 heures par semaine sont des heures supplémentaires (article L3121-28), majorées par défaut de 25 % pour les huit premières puis de 50 % (article L3121-36), et inscrites dans un contingent annuel. Dans la propreté, elles naissent souvent de situations mal tracées : remplacement d’un collègue absent, remise en état imprévue, prestation qui déborde.
Ce qu’il faut suivre : toutes les heures réellement effectuées, y compris celles qui sortent du planning prévu, et leur cumul annuel.
Point de vigilance n°3 : nuit, dimanche, jours fériés et repos

Le secteur intervient souvent avant l’ouverture ou après la fermeture des locaux. La convention prévoit des majorations spécifiques pour les heures de nuit, du dimanche et des jours fériés, dont les taux sont fixés par le texte en vigueur. Le Code du travail impose par ailleurs un repos quotidien d’au moins 11 heures consécutives (article L3131-1) et un repos hebdomadaire d’au moins 24 heures consécutives, auxquelles s’ajoutent ces 11 heures (article L3132-2).
Ce qu’il faut suivre : l’heure exacte de début et de fin de chaque intervention, et pas seulement une durée globale. Sans horodatage, impossible de savoir quelles heures relèvent d’une majoration, ni de vérifier qu’un agent qui finit tard le soir et reprend tôt le lendemain a bien eu son repos.
Point de vigilance n°4 : la reprise de personnel (annexe 7)

Lors d’un changement de prestataire sur un marché, l’annexe 7 de la convention organise la reprise des salariés affectés au marché par l’entreprise entrante, sous des conditions qui tiennent notamment à la durée d’affectation sur le marché. Ces conditions ont été révisées par avenant : vérifiez toujours la version en vigueur.
L’enjeu de suivi joue dans les deux sens. Quand vous perdez un marché, vous devez pouvoir établir quels agents y étaient affectés et depuis quand. Quand vous gagnez un marché, vous intégrez des agents dont vous ne connaissez pas encore les habitudes ni les horaires réels.
Ce qu’il faut suivre : l’historique d’affectation de chaque agent par site, et un démarrage propre du suivi des nouveaux agents dès leur premier jour sur le marché repris.
Quel système de pointage mettre en place pour un suivi fiable et objectif ?
Comme vous l’aurez compris, au plus votre système vous permet d’être précis dans le suivi des horaires, au plus il vous permettra d’être serein(e) vis à vis des exigences de votre convention collective.
Oubliez la feuille d’émargement, qui est facilement falsifiable et non-recevable en cas de litige en plus d’être asynchrone. Faites le choix d’un système digitalisé : plusieurs solutions existent sur le marché.
Cependant, faites bien attention à chacune d’entre elles, comme nous le détaillons dans notre guide pour bien choisir son système de pointage : toutes les solutions ne se valent pas et ne sont pas nécessairement adaptées à votre activité.
Nous vous conseillons de choisir une solution qui soit la plus simple possible à déployer et à utiliser pour vos agents : c’est là que repose le succès d’un déploiement d’un tel système. Privilégiez des solutions sans application ou qui ne nécessitent pas l’achat de matériel supplémentaire, mais qui font plutôt usage du téléphone personnel des agents (en échange d’une compensation) pour une adoption et un déploiement plus simples.
Il faut également faire très attention au coût de ces solutions pour éviter qu’elles ne grèvent complètement votre marge. Une des solutions envisageables est de refacturer, à hauteur de quelques euros seulement, ce système à vos clients.
Checklist : ce que votre système de suivi doit permettre
| Exigence | Pourquoi |
|---|---|
| Décompte individuel, par semaine, tous sites confondus | Obligation de décompte et détection des dépassements sur plusieurs sites |
| Horodatage du début et de la fin de chaque intervention | Identifier les heures de nuit, du dimanche, et contrôler les repos |
| Capture des heures hors planning (remplacements, imprévus) | Ne pas perdre d’heures supplémentaires ou complémentaires |
| Comparaison avec l’horaire contractuel de chaque agent | Repérer à temps le risque de requalification d’un temps partiel |
| Historique d’affectation par site | Gérer les reprises et pertes de marché (annexe 7) |
| Données conservées et exportables | Répondre à un contrôle ou à un litige |
Pour la vue d’ensemble des devoirs de l’employeur, consultez notre article sur le suivi du temps de travail et les obligations de l’employeur.
Comment Scoob répond aux exigences de la convention collective
Scoob fournit la donnée sur laquelle repose l’application de la convention : les heures réellement effectuées, site par site. Chaque agent pointe son arrivée et son départ en approchant son smartphone d’un tag NFC posé sur le site, ce qui produit un relevé horodaté et centralisé, consolidé par agent même lorsqu’il intervient sur plusieurs sites. Les heures normales, supplémentaires et les absences sont suivies dans la durée, et l’historique de présence par site reste disponible, notamment lors d’une reprise ou d’une perte de marché. L’employeur dispose ainsi d’une base fiable pour une paie conforme et un décompte défendable.
Cet article donne une information générale et ne remplace pas la consultation du texte à jour de la convention ni un conseil juridique adapté à votre situation.
FAQ
Quelle est la durée minimale d’un temps partiel dans la propreté ? La convention fixe une durée minimale de 16 heures par semaine, en dérogation aux 24 heures du Code du travail, sauf demande écrite et motivée du salarié pour une durée inférieure.
Un agent à temps partiel peut-il atteindre 35 heures avec ses heures complémentaires ? Non. Les heures complémentaires ne peuvent jamais porter la durée du travail au niveau de la durée légale, sous peine de requalification du contrat en temps plein.
Comment suivre les heures d’un agent qui travaille sur plusieurs sites ? Il faut consolider toutes ses interventions dans un décompte unique par semaine. Un pointage horodaté sur chaque site, centralisé dans un même outil, permet de le faire sans ressaisie.
Vous voulez sécuriser le suivi des heures de vos agents au regard de la convention collective ? Demandez une démo Scoob.